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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 17:29

2012-10-21 hommage a Claude Thomas DUTOUR DE NOIR-copie-16

 

Bonsoir à tous

Voici quelques jours , un hommage bien émouvant a été rendu à Claude Thomas Dutour De Noirfosse , habitant renommé de notre commune il y a plus de 2 siècles .

  

 

De nombreux habitants, des élus: Jean-Pierre Battisacchi, notre maire , notre député Jacques Krabal ,Annick Venet notre conseillère générale ainsi que des représentants militaires s'étaient donnés rendez vous devant l'arche au pied de l'église St Martin .Tous avaient répondu présents à l'invitation de Louis Férin, président de l'association de sauvegarde du patrimoine .

  

 

La vie de ce grand homme à la longue carrière militaire a longuement été évoquée par les personnalités . Nous avons aussi apprécié les interventions de ses arrières petits enfants ( 5ème génération) : Me Boulanger et Mr Cornu Langy , qui ont marqué ce temps du souvenir d'agréables anecdotes de famille qui ont traversé les temps .

  

 

Louis Férin , après de nombreuses recherches , a retracé avec beaucoup de détails la vie de Mr Dutour de Noirfoisse ( vous pouvez trouver ci dessous son parcours grâce au discours que m'a transmis Mr Férin ).

  

 

A l'issue de la cérémonie , une superbe plaque émaillée a été dévoilée à côté de "l'arche monumentale "qu'avait fait ériger Claude Thomas Dutour De Noirfosse.

 

2012-10-21 hommage a claude Thomas Dutour de Noirfosse , ph

Tous les invités se sont retrouvés à la mairie pour un vin d'honneur .

 

Vous pouvez retrouver les photos de la cérémonie dans l'album ci-joint :

http://www.syla-bucy-le-long.fr/4-album-2112576.html

 

et aussi l'histoire de la vie mouvementée de Claude Thomas Dutour De Noirfosse dans le discours de Louis Férin :

 

 

259 ans, pratiquement jour pour jour, nous séparent de l’embarquement à Lorient sur le  « Duc- de-Bourgogne » de l'Enseigne dans les Troupes de la Marine détachées dans l'Inde,  Claude Thomas  Dutour de Noirfosse.  C’était le 20 octobre 1753,

 

            Claude Thomas naquit à Soissons le 24 avril 1732, de Claude, son père, avocat au parlement, procureur du roi en la Généralité de Soissons, et de dame Genviève Duguey.

 

            Voyons maintenant, ce que fut sa longue carrière et ses brillants services:

           

    -De 1750 à 1753, élève du Génie. ; Claude Thomas  reçoit son certificat, des mains de l'ingénieur Blondel et l'examinateur Camus le 1er juin de cette année 1753. L'artillerie à Lorient reçoit son affectation

 

            Si quelques souvenirs de famille évoqués, avaient pu inspirer à Claude Thomas la vocation militaire ; il n'est pas invraisemblable que l'idée d'aller aux Grandes Indes, lui avait été suggérée par des relations de voisinage : Dupleix, le héros quasi légendaire de notre histoire coloniale, lequel avait un frère aîné, le Général Dupleix de Bacquencourt, Intendant d’Amiens qui possédait aux environs de Soissons, plusieurs terres; l'une d'elles, autour d'un vieux manoir du Moyen âge, ancien fief de Bussy-Lameth était situé à une lieue de la ville,  au village de Bucy-le-Long, où les Dutour avaient propriétés et maison de campagne. Il donc très probable que les deux familles se connaissaient !

 

             Son épopée militaire commence, (il a 21 ans).  Une escadre composée de 4 vaisseaux quitte la rade de Lorient le lundi 20 décembre 1753, à 7 heures du matin:

 

            La Compagnie-des-Indes, le Montaran, le Neptune et le Duc-de-Bourgogne armé de 76 canons,  à son bord, 632 hommes, dont Dutour de Noirtfosse et  le futur gouverneur des Indes françaises, Charles Robert Godeheu de Zaimontqui vient relever  Dupleix à Pondichéry.

            

 Les vents sont bons ! L'escadre double le cap Finistère et moins d'un mois après son départ de Lorient, le Duc-de-Bourgogne fait relâche à Gorée. Dans une lettre à ses parents, il décrit très finement : « les Signares habillées très simplement, mais proprement et avec assez bon goût ; elles portent une chemise à la française, à grandes manchettes ; pour jupon, elles ont une pièce de toile de coton blanches, qu’elles tournent autour d’elles et qui est soutenue par une ceinture de soie       (Signares par ce qualificatif, Il s’agit  d’épouses  « à la mode du pays » des officiers et administrateurs français au XVIIIe siècle, et des descendants métis de ces unions « aristocratie » des Sénégalais. Rôle très important à Gorée et Saint-Louis. La « maison des esclaves » à Gorée, par exemple, était en réalité la demeure d’Anne Pépin, la plus notable et plus riche de l’île.)

Aussi, écrit-il : « une négresse boit fort bien une bouteille d'eau-de-vie à un repas... »

 

Il fait la cour à Godeheu,  à son frère et tâche de mériter leur protection...

 

            Après avoir dépassé, le cap de Bonne-Espérence, le 30 avril,, le Duc-de-Bourgogne relâche une dizaine de jours à l'Île-de-France (Maurice). Là, Noirfosse passe son temps à la chasse, « il y tue des perroquets fort bons à manger et des lièvres qui ne les valent pas » selon ses écrits. Autre relâche à Bourbon (la Réunion).

 

            Par le plus beau temps du monde, ils aperçoivent Pondichéry. Après plusieurs bordées, ils mouillent enfin dans la rade à 8 heures du soir le 30 juillet 1754. Le voyage avait duré 7 mois.     

 

De lui : « Le 1er août, je descendis à la tête de la compagnie de dragons pour accompagner M. Godeheu salué de l'artillerie d'une quinzaine de vaisseaux français. On chanta le Te Deum. (Au cours du voyage, Dutour avait été nommé lieutenant de dragonsle 15 juin 1754).

 

            Le soir nous soupâmes au Gouvernement, nous apprîmes que la guerre continuait... »

 

             Godeheu passant dans l'Inde comme commissaire du Roi et commandant général dans tous les établissements français, avait des pouvoirs fort étendus. En  des termes obligeants, le gouverneur lui fait l'honneur d'être  lieutenant de sa compagnie. Auprès du gouverneur à Pondichéry, il est chargé de l'École d'équitation

 

             Claude Thomas va donc accompagner son chef pendant quelques  mois aux Indes, Cela ne va pas durer bien longtemps. En mars 1755, Noirfosse déplore le départ de Godeheu qui avait pour lui, plein d'attentions bienveillantes.

 

            Le 5 octobre de l'année 1755, Noirfosse passe Premier aide-major de l'Armée du Dékan sous les ordres de Bussy et commande plusieurs détachements (pour l'anecdote: Charles joseph Patissier de BUSSY, marquis de Castelnau, son père le fit le fit naître ici à Bucy-le-Long en 1718, afin qu'il puisse obtenir une lieutenance – trop jeune, âgé de 13 ans, alors qu’il lui en fallait 15– en réalité il était né à Ancienville en 1720, voici ce que retient l'Histoire).

 

            En 1757, dans  les fonctions d'ingénieur de la défense de la capitale du Dékan, Noirfosse se trouve mêlé à plusieurs affaires de guerre.

 

         1758-1759, major de toute l'infanterie de l'Armée de Dékan, Claude Thomas Dutour de Noirfosse,commande une attaque à la prise, par assaut de Bobili, où l'armée française perd un tiers de ses forces; ingénieur au siège de la ville anglaise de Visigapatam, il démolit la place.

 

            Major général, chargé de détail de l'Armée de Dékan en janvier 1759, tant sous le commandement de Bussy, que sous celui de Conflans il commande plusieurs détachements ; dont un corps d'observation. Après la prise de Mazulipatam, prend ordre du général Lally du 16 juin 1759, le commandement de toutes les forces françaises réparties dans la partie Nord d'Orixa, les ramenant vers Arcate au travers de 80 lieues de pays ennemis avec beaucoup d'artillerie et 320 Européens.

 

            Par ordre du général, il négocie avec Bassaletzingue frère du Souba (ou Soubdar, petit gouverneur qui relevait d’un nabab) dans l’Inde du Dékan qu'il a ramené avec son armée, jusqu'au Gattes, là, joint par Bussy. Ce commandement qui a duré 6 mois a mérité au Sieur de Noirfosse l'approbation des Chefs, mais a absorbé toute sa petite fortune.      Il avait fallu négocier des arrangements, acheter ou payer des guides autochtones, leur discrétion...

 

            Réuni à la grande Armée sous les ordres de Lally, Major commandant plusieurs unités à la bataille de Vendavachy(bataille perdue et tant reprochée à  Lally ; elle eut pour conséquence de transformer celui-ci d'assiégeant qu'il était devant Madras, en assiégé dans Pondichéry). Il doit se renfermer dans Pondichéry où il sert et souffre avec ses grenadiers pendant le siège. Isolé dans cette ville, Noirfosse prend part activement à la défense, d'abord en qualité d'aide-major, puis dans le bataillon de l'Inde sous les ordres du chevalier d'Harembures.  À armes inégales, il est fait prisonnier à Pondichéry le 15 janvier 1761.

 

            Les officiers français prisonniers sont autorisés à se choisir une résidence, au gré de chacun, dans les comptoirs de la côte du Comorandel. Noirfosse opte pour Negapatam et s'y dirigeant lorsque, à perte de vue, un horizon magnifique s'offre à lui, il ne va pas plus loin : ce sera  Porto- Novo.

             En captivité, en résidence anglaise, il médite, porte jugement:

 

            Mécontent au possible de l'attitude de Conflanset de Lally-Tollendal, n'ayant pas retrouvé en eux les dispositions de Godeheu et de Bussy; ce pays qu'ils vantait autrefois est devenu désagréable pour tous bons français ; aux joyeux espoirs de ses débuts, a succédé l'amertume du désenchantement et n'a plus, pour se soutenir, que le bon témoignage de sa conscience et l'assurance de ne s'être jamais trompé, au milieu de fripons de toute sorte, « départi de la plus exacte probité »

           

            Durant sa captivité, le silence se fait, aucune correspondance ne parvient à sa famille.

            À l'invitation des Chefs du Conseil supérieur de Pondichéry, il entreprend, avec quelques complicités de se rendre en France, par la voie de terre. Un gouverneur hollandais, le baron Van Heck facilite son évasion et celle d'un autre officier, Monsieur de Bourville,en leur donnant place sur un bâtiment emmenant sa famille à Colombo par le détroit de Manar (détroit qui sépare l'Inde de Ceylan).

 

            Le vaisseau appareille le 27 octobre 1761.

 

 

            Après avoir eu recours à diverses occasions, il s'engage dans l'Océan Indien sur un autre bâtiment, arrive en Mer d'Oman,  le détroit d'Ormuz qu'il ne franchit pas (le canal de Suez n'est pas percé!), débarque sur la péninsule arabique vers Mascate, et par Chiraz, une partie de la Perse, Bassora, en remontant l'Euphrate, Bagdad par le désert,  par caravane à dos de chameaux, et Alep,  parvient jusque Alexandried'où il s'embarque le 5 janvier 1763, sur un petit bâtiment français. Le 8, il atteint  Chypre, puis Malte, la Sicile, la Corseet enfin Marseille. Après divers incidents dont le dernier fut l'obligation de subir la quarantaine, il quitte  la ville le 19 mars 1763, tout à la joie de revoir les siens. Il ne devait guère les quitter.

 

            -Le Traité de Paris de 1763, met fin à notre empire colonial ; nous perdons nos territoires en Indes à l’exception de nos 5 comptoirs que tout le monde ici pourrait réciter : Mahé

 

            Dès son retour, il rend compte de majorité et de commandement. Il donnera à l’Administration des Indes, ainsi qu’au ministre de la Marine, les mémoires qui  lui sont demandés sur le Physique, la Politique, le Militaire et le Commerce de l’Inde.

 

            Lors des audiences des 31 juillet et 1er août 1764 du procès historique de Lally-Tollendal, cet officier manquant d’esprit politique, extrêmement impopulaire par sa dureté et sa violence, autoritaire, cassant, impétueux, rendu responsable du désastre de Vendavachi, accusé même de trahison,  des défaites infligées par les Anglais ;

 

            Dutour dépose à charge contre lui. D’autres officiers sont plus durs et catégoriques sur ses responsabilités. Lally condamné, sera exécuté à Paris le 9  mai 1766. ; quelques années après, il sera réhabiité.

 

            Réformé en 1768 quoique malade et valétudinaire –selon son dossier militaire– (exit ce mot savant, autrement dit de  santé chancelante) suite des fatigues endurées pendant 10 ans de guerre continue, de longs voyages et d’une blessure, il n’a cessé de solliciter du service dans l’Inde, soit  en France jusqu’en 1775, où il obtient le titre de Prévôt général de la Maréchaussée le 20 juin.

 

            Le  4 juin1776, il prend pour épouse la fille d’un avocat de Péronne, Jeanne Huet dont il eut un fils et plusieurs filles,. L’une d’elles épousa, en 1803, l’inspecteur aux revues Étienne-Louis Pille, frère du général et futur comte Pille.

 

            En 1784, Dutour est nommé inspecteur de la ci-devant maréchaussée avec brevet de Mêstre de camp de cavalerie le 6 octobre.

            À Paris, en l'hôtel de la Compagnie des Indes, Le 28 décembre 1790, il recevra des directeurs,  Demery, Dare, Dorez, Sainte-Catherine, un certificat attestant de ses élogieux services. Voir les archives de la dite Compagnie

 

            L’élévation en grades s’accentue :

-Colonel de la 19e Division de Gendarmerie nationale,  le 18 mai 1791

-Chef de Brigade Inspecteur de la même Division le 1er aoust 1792

-Général de Brigade Inspecteur de la même Division en vertu des lois du 16 février 1791 et 29 avril 1792, qui accordent ce grade au plus ancien des inspecteurs de la Gendarmerie nationale. Le brevet date du 25 prairial an 4 pour prendre rang dans ce grade du 18 thermidor an 3 (1795) de la République. Nous sommes sous  la Convention !

 

            Dutour de Noirfosse assure le commandement de la 19e Brigade de Gendarmerie nationale organisée d’après la loi du 26 nivôse an 5, jusqu’au moment où il a été définitivement réformé le 30 ventôse an 6, ou selon notre calendrier grégorien, le 20 mars 1798.

 

            Il n’en restera pas là ! Les Consuls le remettent en activité comme Chef de la 15e Division de Gendarmerie nationale le 21 germinal an 8 (le 11 avril 1800).  Ce Grand officier, le Général Claude Thomas Dutour de Noirfosse cesse définitivement son service actif  le 20 brumaire an 10 (le 11 novembre 1801).

 

             Concomitamment à sa charge de gendarmerie, de 1792 à 1800, il cumula en exerçant d’autres fonctions publiques, d’une importance toute locale, qui lui furent offertes, confiées, notamment celle de juge de paix du canton de Vailly, celle de membre du jury de l’instruction publique du département de l’Aisne, enfin celle de maire de Soissons qu’il n’exerça point.

 

            Rappelons qu’en 1789, il fit partie de l’assemblée chargée de rédiger les cahiers de bailliage de Soissons.

 

            En 1808, Noirfosse fait don d’une parcelle de ses terres au lieudit La pointe pour en faire un nouveau cimetière (celui-ci, aujourd’hui), plus conforme aux exigences modernes.

 

            En 1812, il fit élever contre le mur de sa propriété, en terrasse de son jardin, une sorte de niche monumentale dont le ciel nous donne cette façon de penser, de vivre, une philosophie en quelque sorte, avec un banc circulaire. C’est là, les beaux soirs d’été, le travail accompli, que se rassemblaient les bonnes gens du voisinage pour deviser des nouvelles du jour ; ils y évoquaient les choses du passé, rassemblant sans doute les événements si retentissant jadis où leur concitoyen se trouva mêlé, à l’autre bout du monde.

1812-2012

C’était, il y a 200 ans

 

            Claude Thomas Dutour de Noirfosse, chevalier de l’Ordre de Saint-Louis décède à Bucy, ici dans sa propriété le 3 décembre 1818. Il est inhumé dans le carré familial dans ce cimetière actuel.

           

            Pour conclure, une remarque que vous pourrait lire sur l’émail, il terminait toujours avec une extrême élégance, avec une attention toute particulière, ses interventions écrites avant de parapher, par cette marque de courtoisie, cette formule de politesse :

                                   Salut et respect, qu’il aurait certainement aimé, vous adresser,  je vous la transmets.

                                   Merci.                                  

                                                             Louis FÉrin

 

 

 

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Published by Syla - dans Histoire
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